Harcèlement moral au travail : comment y faire face ?

Aujourd’hui près d’un français sur trois estiment avoir été ou être victimes de harcèlement moral au travail. Ce chiffre doit cependant être nuancé : tous les comportements agressifs, toutes les pressions ne sont pas forcément du harcèlement moral. 

Comment définir le harcèlement moral  ?

  1. Soyons clairs  ! Il existe des situations de stress professionnel, liées à une situation économique difficile ou à de mauvaises conditions de travail. Mais ce n’est pas ce que l’on appelle du harcèlement moral. Un manager particulièrement exigeant à l’égard de ses collaborateurs en termes de performances ne peut systématiquement être qualifié de « harceleur ». 
  2. On parle de harcèlement moral quand il y a des agissements répétés de la part d’une personne, avec, à la clé, une réelle détérioration des conditions de travail et une atteinte aux droits et à la dignité de la personne harcelée. Avec pour conséquence une dégradation de la santé physique et/ou mentale de la victime. 
  3. De manière générale, on pale de harcèlement moral lorsque les agissements ou les propos d’une personne sont totalement irrespectueux, et ne reposent sur aucun fondement objectif acceptable  en lien avec les intérêts de l’entreprise. 

De la part d’un manager, il peut s’agir par exemple  :  

  • De critiques incessantes et humiliantes sur la qualité du travail ; 
  • D’une surveillance disproportionnée et obsessionnelle des tâches effectuées ; 
  • De faire effectuer des tâches inutiles ou dégradantes ; 
  • De donner des objectifs irréalisables pour mettre en situation d’échec ; 
  • D’isoler la personne en l’excluant de groupe de travail, en refusant toute communication orale ;  
  • de donner des ordres et des contre-ordres déstabilisant ainsi le salarié. 

Comment prouver qu’on est harcelé moralement  ?

Si vous souhaitez agir en justice, le juge vous demandera d’apporter certains éléments de preuve. 

Il est donc conseillé : 

  • d’essayer d’obtenir par écrit des attestations de témoins directs de conversation ou de situation caractérisant le harcèlement moral ; 
  • d’archiver tous les emails et SMS qui mettent en lumière une pression démesurée, des ordres ou contre-ordres ; 
  • de conserver emails ou courriers avec avis de réception que vous avez pu adresser à l’employeur pour l’alerter des agissements dont vous êtes victimes. 

Autre conseil : pour établir le lien de causalité entre votre état de santé et le harcèlementdemandez à votre médecin un certificat ou une attestation médicale. Et si, par exemple, vous prenez des antidépresseurs ou des anxiolytiques, gardez bien les ordonnances qui les prescrivent. 

A contrario, il est indispensable de rassembler tous les éléments qui prouvent la qualité de votre travail ! Par exemple :  

  • Des emails de félicitation ou des remerciements envoyés par des clients ; 
  • Des copies d’agendas avec vos rendez-vous professionnels ; 
  • La liste des bons résultats que vous avez obtenus ;
  • Vos entretiens d’évaluation ;
  • Des attestations de vos collègues actuels et de vos précédents employeurs. 

Quelles sont les premières actions à mener pour un salarié qui s’estime victime de harcèlement  ?

Surtout n’attendez pas pour agir ! Envoyez à votre employeur un email ou une lettre recommandée avec avis de réception en dénonçant le harcèlement moral. Expliquez brièvement mais précisément la situation que vous considérez comme du harcèlement moral et demandez à votre employeur qu’il y mette un terme de toute urgence. 

Allez voir votre médecin traitant si vous en éprouvez le besoin. Ipourra vous prescrire un traitement pour vous permettre de mieux supporter la situation. Contactez aussi la médecine du travail pour faire constater votre état de santé et vous faire conseiller sur la démarche à adopter.  

Et n’oubliez pas : le code du travail vous protège, ne laissez pas s’aggraver la situation, n’hésitez pas à vous défendre.