Créances irrécouvrables : que peut-on faire ?

Créances irrécouvrables : que peut-on faire ?

Quand considère-t-on qu’une créance est irrécouvrable ? Une facture devient réellement irrécouvrable quand le débiteur, s’il s’agit d’un client professionnel, est entré en redressement ou liquidation judiciaire. Et si votre client est un particulier : c’est lorsqu’il devient insolvable. Bien souvent dans la réalité, on considère en fait une facture irrécouvrable parce qu’on n’a pas voulu, ou pu, investir pour récupérer son argent. En effet, la procédure de recouvrement peut coûter cher, notamment quand le client est à l’étranger. On classe alors la créance en perte. Or le débiteur, lui, est toujours en activité.

 

Cela signifie que le chef d’entreprise commet une erreur en classant trop vite la créance en irrécouvrable ? En effet, le chef d’entreprise a tendance à vouloir se débarrasser trop vite des créances-clients pour éviter une longue et coûteuse procédure de recouvrement. C’est vrai, il faut le reconnaître : le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle et l’issue est très hypothétique. Je comprends parfaitement le réflexe naturel de baisser les bras, et de classer ces créances en pertes.

Donnez-nous un exemple chiffré pour bien comprendre ce réflexe de baisser les bras… Prenons le cas du dirigeant d’une société française qui a un client aux États-Unis. Il lui a vendu des biens ou des services pour 30.000 dollars. Le client américain, s’il en a décidé ainsi, ne paiera jamais. Il faudra alors prendre un avocat américain, avec tout ce que cela implique en termes d’honoraires. Et même si, au final, un tribunal donne un jugement favorable à l’entreprise française, il faudra ensuite faire exécuter ce jugement. Dans ce cas-là, clairement, le dirigeant français va préférer passer sa créance en perte.

Et pourtant, Eric, il existe des solutions… Oui. Ces factures sont recouvrables pour quiconque déterminé à aller au bout de la procédure. Concrètement, la créance est rachetable par des sociétés dont c’est le métier de mener de telles procédures. De plus, psychologiquement, le débiteur « cédé » sera plus enclin à payer un nouveau créancier avec qui il n’a pas d’historique commercial. Il l’imaginera, souvent à raison, plus froid et méthodique dans son action de recouvrement.

Donc, vous dites que l’on peut céder ses créances, mais pourquoi ? quels sont les avantages juridiques et financiers d’une telle transaction ? Mettre en vente une créance permet de ne la provisionner que partiellement en attendant qu’elle soit vendue. Cela présente le grand avantage de préserver le résultat et les bénéfices de votre entreprise. Si vous ne trouvez aucun acquéreur dans l’année, le reste de la provision sera passé l’année suivante. Une créance est un actif qui se cède, se vend et de cette manière sort de votre bilan. Aussi et ce n’est pas la moindre des choses, vendre sa créance vous permet de récupérer du cash immédiatement !